Les français ont boudé les crédits à la consommation fin 2008

Après les banques c'est aussi le tour des instituts de crédit. La déprime est bien là, même pour les personnages souriants des très médiatiques sociétés spécialisées : Médiatis, Cetelem, Cofinoga, etc. Avec le développement de la crise, on croyait que les Français allaient se ruer sur les crédits pour boucler leurs fins de mois. En fait il n'en fut rien ! Une raison assez simple à cela: « En fait, les demandes de prêts concernent surtout des achats de biens, comme l'automobile ou l'électroménager », constate Flavien Neuvy, responsable de l'Observatoire Cetelem. « Si les gens achètent moins de voitures, forcément, il y a moins de prêts. C'est aussi simple que ça. ».
À cette tendance s'ajoute un problème de réputation des fameux crédits revolving qui sont dans la ligne de mire des associations de consommateurs qui souhaitent voir leur usage encadré afin d'éviter des situations graves de surendettements.UFC Que Choisir vient ainsi de sortir une étude sur l'offre de crédit à la consommation et  dénonce une « distribution effrénée du crédit renouvelable ». Fin 2007, la France serait ainsi le troisième pays le plus utilisateur de ce type de prêt. L'association de consommateurs reproche surtout non pas l'outil en lui-même mais l'absence de choix, l'équipement systématique et caché via les cartes de fidélité, les informations souvent insuffisantes et surtout un octroi sans vérification qui peut plonger ainsi le consommateur dans un grave problème d'endettement si ce dernier ne sait pas estimer clairement ses possibilités - ou si sa situation est déjà lourdement endettée...
Le sujet a attiré l'attention des politiques. Philippe Marini, Sénateur Maire de Compiègne, et rapporteur général de la commission des finances du Sénat a présenté en novembre dernier une proposition de loi pour mieux encadrer et responsabiliser le crédit à la consommation. La ministre de l'économie Christine Lagarde va reprendre une partie de ses propositions dans le cadre de la réforme qu'elle doit présenter ce lundi 16 mars sur le sujet et qui sera mis en place avant l'été. Parmi les mesures envisagées, certaines sont déjà connues : réduire les pratiques agressives en matière de publicité;  restreindre les sollicitations pressantes;  renforcer le délai de reflexion mais aussi la responsabilité des acteurs du crédit... Réponse détaillée la semaine prochaine...